Plaidoyer pour une pédagogie s’appuyant sur le numérique

 

Cette année a été pour moi décisive. J’ai vraiment pu comprendre de manière claire et évidente que la pédagogie devait évoluer, ne plus se reposer dans une verticalité confortable et rassurante pour le formateur mais bien au contraire s’inscrire dans l’idée horizontale de l’apprenance chère à Philippe Carré.

Les pédagogies verticales ont vécu. Déjà largement bousculées voici un siècle par les Celestin Freinet, Maria Montessori et les pédagogues « ouverts », elles ont fait de la resistance. 

Dans les années 90/2000 on a cru pouvoir tester le e-learning total, sentant un effet d’aubaine économique dans l’idée de se passer de ces enquiquineurs de profs. Nouvelle erreur, relayée par un néo-libéralisme sauvage. Non, la solution n’est pas dans le cours magistral à la papa ni dans l’autoformation à la « débrouille toi, seuls les plus forts survivront. »

Comme dirait Fox Mulder, la vérité est ailleurs.

En animant cette année des ateliers de sensibilisation au numérique aussi bien pour des formateurs que pour des élèves j’ai compris que l’avenir allait être irrémédiablement dans le passage de la formation vers l’accompagnement : c’est à dire une pédagogie collaborative, un échange dans les deux sens entre l’accompagnateur et l’apprenant.

Les apprenants ont besoin d’être accompagnés, d’où l’obsolescense d’ores et déjà programmée d’un e-learning dépassé par les évènements et reproduisant une transsmissivité qui n’est plus de mise non plus.

Aujourd’hui, avec le web social, l’accompagnateur donne le chemin à l’apprenant, mais le rapport peut s’inverser très rapidement : l’apprenant peut aussi apprendre des choses à l’accompagnateur.

C’est bien dans un esprit collaboratif faisant fi d’une hiérarchie poussiéreuse que doit s’inscrire le pédagogue : une coopérativité nouvelle venant forcer le formateur a modifier sa vision de son métier. Plus question de se contenter de dispenser un savoir : il faut prendre le risque du dialogue, de la confrontation d’idées afin de garder le contact avec des apprenants voulant comprendre ce qu’ils doivent apprendre et, surtout, pour quoi en faire ensuite.

Il s’agit d’un véritable chamboulement que Philippe Carré avait bien senti arriver. Il nous reste à intégrer ce fonctionnement dans nos ingénieries de formation et dans la formation des enseignants au risque, sinon, de se trouver face à un public majoritairement composé de décrocheurs.

C’est un challenge à relever.

Pierre AVRIL, le 19/07/2012

2 réflexions sur “Plaidoyer pour une pédagogie s’appuyant sur le numérique

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